I – Caractéristiques du système immunitaire

 

Nous vivons dans un environnement dangereux. Beaucoup de dangers nous guettent : infectieux, toxiques, radiatifs, traumatiques, psychologiques ...etc

Seuls ici les dangers infectieux seront abordés : ils sont le  fait de bactéries, virus, levures, parasites. En soulignant cependant que leur dangerosité dépend de leurs qualités intrinsèques, mais aussi des résistances de l'hôte et des circonstances. Ainsi beaucoup de bactéries nous sont favorables : c'est le cas de la plupart des bactéries intestinales, mais aussi des bactéries de la peau .

 Pour résister aux germes pathogènes nous disposons d'un système de défense qui s'est élaboré et perfectionné au cours de l'évolution : le système immunitaire.

 

Ce système a plusieurs caractéristiques essentielles :

 

         1)      Spécificité : ce système est capable de reconnaître et d'éliminer certains agents pathogènes et certaines molécules étrangères (antigènes).

            Diversité : le système immunitaire est capable de combattre des millions d' agresseurs en reconnaissant chacun d'eux à ses marqueurs antigéniques.

            Distinction du « soi » et du « non soi » : le système immunitaire est capable de faire la différence entre les molécules appartenant à l'organisme et celles qui lui sont extérieures. Cette propriété est cependant sujette à des erreurs qui sont à l'origine des maladies auto-immunes.

        2)      Mémoire : le système immunitaire est capable de se souvenir des molécules qu'il a déjà rencontrées et d'y réagir plus rapidement et plus efficacement lors d'une deuxième présentation. C'est cette propriété qu'exploite la vaccination.

 

II – Fonctionnement du système immunitaire :

 

Pour assurer sa protection l'organisme humain dispose de deux sortes de défenses : l'immunité innée et l'immunité adaptative.

1)      L'immunité innée :

 Elle est constituée d'une barrière externe : la peau et les muqueuses qui empêchent mécaniquement la pénétration des organismes pathogènes.

 Il s'y associe une barrière interne : quand des agents étrangers ont pénétré dans l'organisme ils rencontrent diverses cellules (polynucléaires neutrophiles, macrophages, cellules dendritiques) qui sont chargées :  de signaler la présence de l'agresseur en émettant des messagers chimiques (cytokines, interleukines) qui recrutent des renforts, de l'isoler pour empêcher sa diffusion, de le détruire enfin par différents mécanismes

 L'immunité innée agit rapidement : dans les premières 24 heures suivant la pénétration de pathogène . Elle n'est pas spécifique c'est à dire qu'elle ne reconnaît que le caractère étranger du pathogène et que sa réaction sera toujours la même : l'inflammation. Elle n'a pas de mémoire,      c 'est à dire que si le même pathogène est rencontré de nouveau tout recommence à zéro.

 L'immunité innée prépare l'intervention de l'immunité adaptative.

 

 Voir l'animation avec le lien suivant :

 https://www.reseau-canope.fr/corpus/video/la-reaction-inflammatoire-45.html

 

2)      L'immunité adaptative

 

 a) elle est spécifique de l'agresseur, donc plus précise que l'immunité innée

 Elle met en œuvre des cellules immunitaires, les lymphocytes B et T. Les lymphocytes B vont se transformer en cellules productrices d'anticorps, les plasmocytes qui vont sécréter des anticorps spécifiques contre l'agresseur. Les lymphocytes T eux vont se transformer en cellules tueuses qui attaqueront l'agresseur, mais aussi en cellules coordinatrices de la réaction immunitaire.

 

 b) elle est moins rapide que l'immunité innée : du fait de cette spécificité il est nécessaire de reconnaître les caractéristiques de l'agresseur et en particulier les antigènes qu'il porte à sa surface.Puis de recruter les lymphocytes et de leur présenter ces antigènes pour que ces lymphocytes soient activés ; Puis il faut que ces lymphocytes se multiplient pour avoir une action suffisante ; Tout cela prends du temps, et , en pratique il faut deux à trois semaines pour produire une quantité suffisante d'anticorps lors de la première rencontre avec l'agresseur.

 

c) elle a une mémoire : pour raccourcir le temps de réaction, lors d'une première attaque des lymphocytes mémoire, à durée de vie très longue, sont mis en réserve. Ces cellules seront retrouvées lors d'une nouvelle attaque par le même agresseur et elles sont déjà différenciées et presque  immédiatement disponibles.

 

Voir l'animation avec le lien suivant :

 https://www.reseau-canope.fr/corpus/video/l-immunite-adaptative-43.html

 

Claude Cazenave