UN SOUCI, DEUX SOUCIS, DES SOUCIS !!!!!!

 

LES GENOUX.....  7

L'autre genou !

 

 

 

 

 

Maintenant que nous avons vu (sommairement!) les problèmes de l'articulation du genou, je vous réserve une surprise : l'étude d'un autre genou !!!

 

C'est une articulation qui anatomiquement se rapproche de celle du genou (et aucune autre dans le corps n'a cette structure si particulière) : un condyle arrondi comme le condyle fémoral, articulé avec une surface presque plane comme le plateau tibial, et entre les deux un ménisque qu'on appelle ici disque articulaire .  Mais ici le condyle est en bas et le plateau en haut.

 

Alors que le genou est la plus grosse articulation du corps humain, celle ci est une des plus petites, si ce n'est la plus petite. Mais c'est une articulation très importante : c'est une des  plus sollicitées : elle réalise selon les individus environ 10 000 mouvements par jour !

 

 

 

Cette articulation, dont le fonctionnement est aussi complexe que le genou, c'est l'articulation temporo-mandibulaire, qui permet la mobilité de la mandibule par rapport aux os de la face et de la base du crâne. Autrement dit c'est elle qui vous permet de boire et de manger, de parler, de rire, de sourire, d'embrasser … C'est la seule articulation de la face.

 

 

 

Comme pour le genou l'articulation est enfermée dans une capsule, sa stabilité est assurée par des ligaments extra et intra articulaires, et par les muscles qui permettent ses mouvements :les muscles masticateurs.

 

Ces muscles sont :

 

le masséter qui ferme la bouche

 

le temporal qui ferme la bouche et assure la rétropulsion de la mandibule

 

le ptérygoïdien latéral et le ptérygoïdien médial qui assurent la fermeture de la bouche et la diduction.

 

 

 

Vous remarquerez qu'il n'y a aucun muscle qui assure l'ouverture de la bouche : elle s'ouvre toute seule par gravité, aidée pour une ouverture plus importante par des muscles du plancher de la bouche.

 

 

 

Les mouvements de l' articulation sont :

 

 

 

            a) L'ouverture de la bouche. Elle associe deux mouvements : rotation du condyle et        glissement vers l'avant.

 

            b) La fermeture de la bouche se fait dans l'ordre inverse

 

            c) La diduction : c'est un mouvement latéral de la mandibule, vers le bas et à droite, ou vers       le bas et à gauche. Ce mouvement est très important pour la mastication.

 

            d) La propulsion : associant des mouvements de diduction bilatérale elle porte le menton            vers l'avant et le bas.

 

 

 

Je vous dispense de l'étude des différentes pathologies, traumatiques, infectieuses, rhumatismales, tumorales … de cette articulation.

 

 

 

Un dernier point : cette articulation est adaptative c'est à dire que sa forme est modelée par sa fonction (c'est un peu le cas de toutes les articulations, mais ici beaucoup plus qu'ailleurs, probablement parce que cette articulation est fonctionnelle très tôt, in utero.) . La nourriture que l'on prend, le langage que l'on parle, modèlent l'articulation dès le plus jeune âge. C'est sans doute pour ça que quand je parle anglais mon accent est déplorable : l'anatomie de mes articulations temporo-mandibulaires, modelées par la nourriture française et le parler tourangeau ne me permet pas de projeter en avant ma mandibule et la langue qui y est attachée pour dire correctement le « the » si cher à nos voisins d'outre Manche.

Claude C.

 

LES GENOUX.....  6

L'arthrose du genou

 

 

 

 

 

Voila le chapitre que vous attendez tous ! C'est pour cela que je l'ai laissé pour la fin ….

 

 

 

En effet à l'âge canonique atteint par la plupart des adhérents de l'ARBB, l'arthrose, en général, est très fréquente, et en particulier l'arthrose du genou . La gonarthrose concerne 30% des personnes entre 65 et 75 ans et probablement davantage dans une population de marcheurs invétérés.

 

 

 

L'arthrose est due à la détérioration du cartilage des articulations. Au niveau du genou la gonarthrose peut concerner l'articulation fémoro-tibiale, l'articulation fémoro-patellaire ou les deux. Cette détérioration de cartilage est due au vieillissement : les chondrocytes, cellules du cartilage, deviennent moins efficaces avec l'âge, comme d'ailleurs les cellules de la peau, ou ...les neurones !

 

Il faut savoir par ailleurs que le cartilage n'est ni vascularisé, ni innervé. La nutrition du cartilage est due au liquide synovial, produit par la membrane synoviale, qui vieillit elle aussi. Le cartilage absorbe les nutriments comme une éponge, les pressions qu'il subit le compriment et au relâchement il absorbe le liquide synovial. D'où l'intérêt de maintenir une certaine activité articulaire, même si elle est un peu douloureuse,pour maintenir ce mécanisme de compression – relâchement. Quand au fait que le cartilage ne soit par innervé, cela veut dire que ce n'est pas lui qui fait mal dans l'arthrose, mais l'os sous jacent, ou la membrane synoviale.

 

En plus du vieillissement, d'autres facteurs vont favoriser la détérioration du cartilage : surpoids, désaxation de la jambe, traumatismes , arthrites, diabète..etc

 

 

 

Le cartilage s'amincit, voire disparaît complètement par endroits. L'os qui n'est plus protégé devient plus dense, réagit en produisant des excroissance (ostéophytes). Des fragments de cartilage ou d'os peuvent se détacher dans l'articulation, irritant la membrane synoviale et produisant alors des poussées inflammatoires, ou des sensations de blocage. Des douleurs apparaissent liées à l'inflammation, ou au frottement de l'os mis à nu.

 

 

 

Symptômes de l'arthrose :

 

 

 

L'arthrose est essentiellement liée au vieillissement et elle est donc rare avant quarante ans, en dehors de professions exposées aux traumatisme majeurs (football, rugby, ski) ou mineurs mais répétés ( carreleurs).

 

Elle est plus fréquente chez les femmes. L'arthrose du genou est trois fois plus fréquente que l'arthrose de la hanche. Mais il faut savoir que l'arthrose de la hanche peut se manifester par des douleurs du genou .

 

Le premier symptôme de la gonarthrose est la douleur. Celle ci n'est pas permanente : elle apparaît lorsque la personne utilise son genou : marche, port de charges lourdes , montée ou descente des escaliers. Cette douleur est soulagée par le repos. Attention toutefois, en cas d'arthrose fémoro-patellaire, en position assise ou agenouillée cette articulation n'est pas au repos (le genou est fléchi) et la douleur persiste.

 

La douleur ne réveille pas la nuit, sauf aux changements de position. Le matin, l'articulation est un peu raide et il lui faut un temps d'échauffement pour bien fonctionner.

 

Il existe des poussées inflammatoires, probablement liées à la présence de fragments d'os ou de cartilage libres dans l'articulation. Le genou augmente de volume et devient très douloureux. Ce n'est que dans ces circonstances, qui ne durent que quelques jours, que le repos doit être observé.

 

Des sensations de blocages, de craquements dans le genou peuvent s'associer à la douleur.

 

 

 

Les douleurs sont au début intermittentes, puis de plus en plus fréquentes et gênantes.

 

 

 

 

 

L'imagerie :

 

 

 

La radiographie montre un pincement de l'intervalle articulaire, une densification de l'os en regard, parfois des ostéophytes ou des fragments osseux détachés.

 

 

 

L'échographie et l'IRM n'ont que peu d'intérêt à ce stade. Si on envisage une intervention chirurgicale, par contre, ces examens qui permettent de voir les parties molles peuvent être demandés.

 

 

 

Le traitement de l'arthrose du genou est d'abord médical, puis, éventuellement chirurgical.

 

 

 

Traitement médical :

 

 

 

Il doit d'abord essayer de diminuer l'impact des facteurs favorisants : amaigrissement si surpoids, traitement d'un diabète, éviter les traumatismes, tout en maintenant une activité, utilisation d'une canne, portée du côté le moins atteint. Malheureusement pour le principal facteur favorisant, le vieillissement, on n'a pas encore de solution !

 

 

 

Le traitement de la douleur repose sur l'utilisation d'antalgiques essentiellement le paracétamol, parfois les anti-inflammatoires non stéroïdiens, per os ou en application percutanée . L'utilisation d'une genouillère qui soulage les pressions sur le compartiment douloureux peut être utile.

 

 

 

Le lavage de l'articulation sous arthroscopie permet d'évacuer les corps étrangers (fragments d'os ou de cartilage) dont la présence irrite la synoviale et entretient l'inflammation.

 

 

 

Les infiltrations par ponction du genou permettent d'injecter in situ soit de l'acide hyaluronique, sensé lubrifier l'articulation et se substituer au liquide synovial insuffisant, soit un corticoïde pour diminuer l'inflammation de la membrane synoviale. Ces traitements ont une certaine efficacité, mais hélas seulement temporaire, et ils exposent à des complications infectieuses qui peuvent être sévères.

 

On pratique aussi des injections dans le genou de plasma riche en plaquettes. Il s'agit de prélever au malade son propre plasma par une prise de sang qui est centrifugé. Le plasma est ensuite injecté directement dans le genou. Cette manœuvre est sensée apporter au cartilage des facteurs nutritifs favorisant sa régénération. Ce traitement a été d'abord très utilisé en médecine du sport pour les traumatismes des sportifs. On a ensuite étendu l'indication à la dégénérescence cartilagineuse du sujet âgé. Il ne s'agit évidemment pas là du même terrain et on peut craindre que ce qui marche bien chez un sportif jeune et motivé soit moins efficace chez un vieux fatigué. Il est difficile de se faire une opinion car les critères de jugement sont subjectifs et faussés par le seul fait que le malade a reçu un traitement. Il n'est évidemment pas question de faire des études contre placebo, dans la mesure où la ponction de genou quelle qu'elle soit, reste entachée d'un risque infectieux.

 

 

 

La kinésithérapie , permettant le maintien d'une fonction douce, et d'une musculature dont on a vu l'importance pour cette articulation ne doit pas être négligée.

 

 

 

Le traitement chirurgical :

 

 

 

Il s'est longtemps limité aux seules ostéotomies de réaxation de la jambe lorsque c'était indiqué.

 

Maintenant les prothèses du genou, longtemps en retard par rapport aux prothèses de hanche (du fait de la complexité du fonctionnement du genou) ont atteint leur maturité.  Il est important pour obtenir un bon résultat de bien choisir le moment de l'intervention : pas trop tôt en raison des risques inhérents à toute chirurgie orthopédique, et pour éviter une usure trop précoce de la prothèse, mais pas trop tard non plus car le résultat dépend beaucoup de la qualité de la rééducation post-opératoire et de la motivation du patient. Ces prothèses donnent maintenant des résultats souvent spectaculaires, mais il y a des complications : infections, phlébites et embolies, descellement …

 

La prothèse peut être une prothèse totale du genou, ou bien une prothèse uni-compartimentale lorsque seul le compartiment interne ou externe du genou est atteint (cela se voit plutôt après traumatisme), ou bien une prothèse de rotule seule.

 

 

 

L'atteinte des ménisques :

 

 

 

L'atteinte des ménisques peut se rencontrer chez les sujets jeunes du fait de traumatismes. Mais le plus souvent , pour les membres de l'ARBB c'est associées à l'arthrose du genou que l'on observera ces lésions . Les ménisques sont en effet des cartilages (un peu différent de ceux des surfaces articulaires) et ils s'altèrent avec l'âge comme le cartilage articulaire. Et toute la difficulté va être de repérer les lésions méniscales, qui nécessitent un traitement particulier, au milieu des symptômes de l'arthrose. Les lésions des ménisques donnent en effet des symptômes très comparables : douleurs, craquements, sensations de blocage. Ces deux derniers symptômes sont cependant bien plus fréquent et plus nets dans les lésions méniscales que dans la simple arthrose. En particulier un blocage du genou en flexion, avec impossibilité de l'étendre est très évocateur.

 

C'est l'IRM qui trouve là son utilité en montrant clairement les lésions des ménisques.

 

Le traitement médical est globalement le même que pour la gonarthrose. Mais un traitement chirurgical particulier peut être nécessaire sous arthroscopie : réparation du ménisque ou méniscectomie partielle. L'ablation totale du ménisque n'est plus utilisée car elle favorise grandement la gonarthrose.

 

LES GENOUX.....  5

La pathologie inflammatoire : arthrites du genou

 

 

 

 

 

 

 

Les genoux peuvent être le siège de pathologies inflammatoires, infectieuses ou rhumatismales. Cette atteinte peut porter sur un seul ou les deux genoux (gonarthrites), ou sur un ensemble d'articulations (polyarthrites).

 

 

 

Les arthrites infectieuses bactériennes sont la conséquence de l'introduction dans la cavité synoviale d'une bactérie, soit par voie sanguine, au cours d'une septicémie , soit par une blessure qui transperce la paroi articulaire ( pour cette raison il importe d'examiner attentivement les blessures proches d'une articulation, qui peuvent ne pas être superficielles), soit au cours d'un acte médical invasif (ponction, arthroscopie, intervention chirurgicale).

 

Les défenses anti-bactériennes de l'organisme sont très limitées dans une articulation, dont la cavité n'est pas vascularisée, ce qui permet aux germes de se multiplier facilement et pendant longtemps sans entraîner de réaction. Quand cette réaction de l'organisme se manifeste les bactéries sont déjà bien implantées. Cette réaction de l'organisme est une réaction inflammatoire traduite par une vive douleur du genou, un gonflement de celui ci, une rougeur péri-articulaire, et de la fièvre. Dans le sang on note une augmentation importante du nombre des polynucléaires neutrophiles, ainsi que de protéines marqueurs de l'inflammation comme la CRP.

 

Une ponction du genou ramène un liquide purulent dont la culture permettra de connaître le germe responsable et sa sensibilité aux antibiotiques (antibiogramme). Les germes retrouvés sont : Staphylocoque doré, le plus souvent ; Kingella kingae, fréquent et de culture difficile ; streptocoques ou germes gram négatifs, plus rarement, et associés à une infection dentaire ou des voie respiratoires  pour les premiers, ou à une infection uro-génitale pour les seconds.

 

Le traitement est une antibiothérapie adaptée à la sensibilité du germe , associée ou non selon les germes et les cas particuliers à un drainage chirurgical du pus intra-articulaire.

 

Les arthrites bactériennes entraînent si elles ne sont pas traitées vite et efficacement une destruction cartilagineuse.

 

 

 

Il existe aussi des arthrites infectieuses virales, avec des symptômes d'inflammation moins importants, une diminution de polynucléaires neutrophiles dans le sang, et une culture du liquide articulaire négative. L'évolution en est plus lente vers la résolution.

 

 

 

Les arthrites aseptiques (c'est à dire non liées à un germe, bactérie ou virus). Elles sont souvent polyarticulaires et touchent les femmes plus que les hommes.

 

 

 

Le rhumatisme articulaire aigu ne se voit heureusement plus guère et touche essentiellement les enfants entre cinq et quinze ans. Toutefois des adultes jeunes peuvent être atteints, ce qui n'a guère de chance de se voir chez les membres de l'ARBB !  Il s'agit d'une maladie auto-immune secondaire à une infection ORL à streptocoque  non ou mal soignée. Sa gravité tient à l'atteinte des valves cardiaques que cette maladie peut entraîner. Sur le plan articulaire la maladie touche, très douloureusement, les grosses articulations, passant de l'une à l'autre en quelques jours. La guérison es rapide sous corticothérapie, mais les séquelles cardiaques peuvent être très graves.

 

 

 

Les polyarthrites chroniques rhumatismales sont liées à diverses maladies, surtout la polyarthrite chronique évolutive, mais aussi le psoriasis, le lupus érythémateux, la spondylarthrite ankylosante, la maladie de Lyme. Outre la chronicité ce qui caractérise ces arthrites est leur caractère moins douloureux que les arthrites aigües , avec une douleur plus vive en fin de nuit, réveillant le malade, et qui diminue après échauffement. Ces arthrites détruisent le cartilage et déforment souvent les articulations, surtout celles des doigts dans la polyarthrite chronique évolutive. Des signes cliniques et biologiques particuliers à chacune des maladies permettent de faire la différence.

 

 

 

Les arthrites à micro-cristaux . Il s'agit d'arthrites liées à la présence de micro-cristaux dans l'articulation. Elles se caractérisent par des crises inflammatoires brutales et très douloureuses. On distingue la goutte, liée à des cristaux d'urate de sodium et qui touche plutôt les hommes entre 30 et 50 ans et surtout les gros orteils, mais aussi moins souvent les genoux, et les chondrocalcinoses, liées à des cristaux de pyrophosphate de calcium, et qui touchent plutôt les femmes de plus de 60 ans. Pour ces chondrocalcinoses divers types cliniques sont observés, et pour ce qui concerne les genoux la radiographie montre une image caractéristique avec un liseré calcifié autour du cartilage articulaire et des ménisques. La cause de ces maladies est un trouble métabolique, souvent génétique.

 

LES GENOUX.....  4

Pathologie traumatique

 

 

 

 

 

Les lésions traumatiques du genou sont fréquentes et multiples. Il n'est pas question d'en envisager ici toute les variétés. Pour simplifier on retiendra : Pour les lésions osseuses, la fracture de la rotule ; pour les lésions tendineuses, les entorses et les ruptures des ligaments croisés ; enfin les lésions des ménisques qui sont plutôt traumatiques chez les sujets jeunes, sont plus souvent liées au vieillissement chez les sujets de l'âge de l'ARBB et seront de ce fait envisagées au chapitre des lésions dégénératives.

 

 

 

1)      Les lésions osseuses

 

 

 

Elles sont liées soit à des chocs directs violents sur le genou, soit à des mouvements forcés et alors habituellement associées à des lésions tendineuses (fractures par tassement d'un plateau tibial, arrachements osseux lors des entorses ou des lésions des croisés, ou des tendons rotulien ou du quadriceps).  Nous ne parlerons ici que de la fracture de la rotule.

 

 

 

Cette fracture était autrefois fréquente lors des accidents de voiture, par choc direct sur le tableau de bord. Depuis l'invention des ceintures de sécurité on ne rencontre plus guère ce mécanisme, remplacé par les accidents de trottinette électrique, les télescopages à ski, ou simplement la chute dans un pierrier.

 

La fracture se traduit par une vive douleur, parfois une déformation s'il y a déplacement, et par un gonflement lié au saignement dans l'articulation.

 

Une radiographie montre les lésions, parfois évidentes, parfois nécessitant un examen plus attentif.

 

Le traitement dépend de la stabilité de la fracture : en l'absence de déplacement on peut se contenter d'un traitement orthopédique : immobilisation du genou par une attelle en permettant l'appui, mais en interdisant la flexion du genou pendant un mois et demi, traitement anticoagulant pour éviter une thrombose, rééducation ensuite.

 

Si la fracture est déplacée ou se déplace secondairement le traitement sera chirurgical (cerclage, broches) avec les mêmes précautions.

 

 

 

            2) Les entorses

 

 

 

Il s'agit de lésions des différents ligaments du genou, allant de la simple extension à la rupture.L'atteinte des ligaments latéraux peut s'associer à celle de ligaments croisés, voire de lésions capsulaires, en particulier du PAPE (point d'ancrage postéro-externe), renforcement de la capsule en arrière du ligament latéral externe.

 

 

 

Ces lésions résultent de mouvements forcés du genou, latéralement et le plus souvent avec une rotation. On les rencontre dans les accidents de ski, et pour ce qui concerne les randonneurs dans des chutes, en particulier dans des pierriers où la jambe peut être bloquée.

 

 

 

L'entorse se manifeste par une douleur, une gêne , voire l'impossibilité de la marche, et parfois un gonflement lié à un épanchement intra-articulaire. L'examen clinique, qui devra parfois être réalisé sous anesthésie peut montrer une instabilité du genou, traduisant une forme grave.

 

 

 

Le traitement immédiat est l'immobilisation par un strapping ou une attelle semi-rigide, l'application de froid (facile au ski). Des antalgique seront administrés, et aussi un traitement anticoagulant. Un bilan radiologique immédiat permet d'éliminer ou de reconnaître une fracture associée. L'IRM vient dans un second temps (8 – 10 jours) pour évaluer précisément les lésions . La durée de l'immobilisation dépend de celles-ci, entre 3 et 6 semaines.

 

 

 

Les lésions des ligaments croisés se rencontrent plus spécifiquement pour les membres de l'ARBB dans les accidents de ski : chute en avant à grande vitesse plutôt pour le ligament croisé postérieur ; chute en flexion et rotation pour le ligament croisé antérieur. L'existence à l'examen de mouvement « de tiroir » signe ce diagnostic que l'IRM confirmera.

Claude C.

 

LES GENOUX.....  3

Pathologie du sujet jeune

 

 

 

Certaines pathologies du genou sont vues seulement ou surtout chez l'adolescent.e.Je vais en parler ici en vous épargnant les problèmes du nourrisson et de l'enfant .

 

 

 

1)      La maladie d'Osgood Schlatter

 

 

 

Elle se rencontre uniquement chez l'adolescent, surtout chez les garçons sportifs.

 

 

 

Elle se manifeste par une douleur de la face antérieure du genou, survenant à l'effort ou après celui ci. Cette douleur est bilatérale dans 1/3 des cas.

 

 

 

Le diagnostic est fait simplement par l'interrogatoire et un examen clinique simple qui montre que la douleur à la palpation est localisée au niveau de la tubérosité tibiale antérieure, lieu d'insertion du tendon rotulien. Cette tubérosité est parfois tuméfiée.

 

 

 

Il est inutile de faire une radio quand le tableau clinique est évocateur, surtout si la douleur est bilatérale.. Celle ci montrerait un soulèvement de l'apophyse tibiale, voire à un stade plus avancé une fragmentation de celle ci.

 

 

 

La cause de cette affection est la traction très forte exercée sur la tubérosité tibiale qui est encore partiellement cartilagineuse, par le tendon rotulien à un âge où la musculature , surtout celle des garçons s'accroit considérablement.

 

 

 

Le diagnostic fait, un seul traitement s'impose : l'arrêt de l'activité physique. Le port d'une genouillère peut soulager en partie la douleur mais ne dispense pas de l'arrêt de l'activité. De même les antalgiques et anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent être utilisés ponctuellement mais certainement pas pour continuer le sport : masquer la douleur ne fait qu'aggraver les lésions.

 

Dans de rares cas où la tubérosité tibiale est très décollée, voire arrachée, une fixation chirurgicale simple, par une vis, est nécessaire.

 

 

 

L'évolution se fait constamment vers la guérison avec la croissance : quand la tubérosité tibiale est complètement ossifiée, elle peut alors résister aux contraintes exercées par le tendon rotulien.

 

 

 

2)      La luxation de la rotule.

 

 

 

C'est une pathologie plutôt féminine. Vous vous souvenez que le fémur n'est pas aligné avec le tibia, du fait de l'espacement entre les hanches plus grand que l'espacement entre les genoux.

 

 De ce fait la rotule a spontanément tendance à partir vers l'extérieur pour raccourcir la distance bassin- genou. Pour compenser cela il y a les muscles du quadriceps, en particulier le vaste interne qui tire de l'autre côté, les ligaments, et la forme de la trochlée dont la joue externe est plus grande et plus en relief que la joue interne.

 

Dans l'enfance il n'y a en général pas de problème, mais à la puberté, l'action des hormones chez les filles entraine un déséquilibre. D'une part le bassin des filles s'élargit, ce qui provoque une accentuation de l'angle fémur- tibia et donc une accentuation de la traction vers l'extérieur. D'autre part les oestrogènes assouplissent les tendons (et oui, messieurs, c'est pour cela que les filles sont plus souples que vous. Si je puis dire, être raide est un signe de virilité!!!). Cet assouplissement sera très utile lors des accouchements, mais dans l'immédiat, les tendons moins tendus retiennent moins la rotule.

 

Toutefois la luxation de la rotule n'est pas l'apanage des filles, car dans bon nombre des cas il y a derrière ce symptôme une anomalie de l'articulation fémoro-patellaire, avec une rotule et/ou une trochlée trop plate, des insertions musculaires ou ligamentaires anormales. On parle de dysplasie, et ceci se voit aussi chez les garçons.

 

 

 

La luxation se produit dans un contexte sportif, souvent après un mouvement entraînant une torsion du genou . Le diagnostic est évident si la luxation se maintient. Mais parfois la rotule après s'être luxée revient spontanément et immédiatement à sa place et il faut alors savoir y penser devant une douleur du genou.

 

 

 

A l'examen, il y a une douleur et souvent une tuméfaction sur le bord interne du genou. Si la rotule est restée luxée en dehors, on ne la sent plus en avant du genou, mais sur la face externe de l'extrémité inférieure du fémur. Une radiographie confirme la luxation lorsqu'elle persiste, montre les signes de la dysplasie fémoro-patellaire, et peut dans certains cas montrer des fractures ou arrachements osseux.

 

 

 

Le traitement consiste, si la rotule est restée luxée, à la remettre en place en portant le genou en extension et en poussant sur le bord externe de la rotule. C'est habituellement facile.

 

Une fois la luxation réduite il faut immobiliser le genou par une attelle amovible , qui va permettre la rééducation musculaire, pendant six semaines en général. Parfois lorsque la rupture du ligament interne de la rotule apparaît sévère ( visible sur une IRM) un traitement chirurgical peut être nécessaire.

 

 

 

Ces luxations externes de la rotule ont une fâcheuse tendance à se reproduire chez l'adolescent et le jeune adulte, ce qui peut quelquefois justifier le port d'une attelle pour toute activité sportive, et parfois une correction chirurgicale de la dysplasie.

Claude C.

 

LES GENOUX.....  2

Anatomie fonctionnelle du genou

 

 

 

Le genou est une articulation particulièrement complexe, d'une part parce qu'elle supporte des contraintes considérables, d'autre part parce qu'elle est structurellement instable, enfin parce qu'elle exécute, en même temps, plusieurs mouvements.

 

 

 

1)      Des contraintes considérables : en position debout, au repos, l'articulation supporte le poids du corps, et ceci avec un minimum d'assistance musculaire. A l'effort, en particulier lors de la course ou des sauts, l'articulation supporte 6 à 8 fois le poids du corps. Les muscles qui entrent alors en action sont les plus puissants du corps humain.

 

 

 

2)      Structurellement instable : il n'y a pas congruence entre les surfaces articulaires – le plateau tibial, comme son nom l'indique est relativement plat. Les condyles sont arrondis. C'est comme faire tenir une boule sur une assiette en mouvement. En plus le fémur et le tibia ne sont pas alignés.Il est donc nécessaire qu'interviennent des éléments stabilisateurs : les muscles, en notant que lorsqu'un muscle entrainant un mouvement du genou se contracte, le ou les muscles entrainant le mouvement inverse doit (doivent) se contracter aussi, évidemment avec moins de puissance, pour assurer la stabilité. Par exemple lorsque le quadriceps se contracte pour assurer une extension du genou, les muscles postérieurs (ischio-jambiers, patte d'oie, jumeaux) doivent se contracter aussi – et vice-versa.

 

            Les ligaments latéraux et/ou croisés jouent aussi un rôle important de stabilisation et de limitation de l'amplitude des mouvements. Enfin la capsule articulaire, qui forme des coque     épaisses à la partie postérieure des condyles, empêche le genou d'aller trop loin en        recurvatum (c'est à dire en se pliant en avant).

 

 

 

 3)      Plusieurs mouvements simultanés sont possibles :

 

 

 

*d'abord le mouvement de flexion- extension de la jambe sur la cuisse. C'est le principal mouvement qui permet la marche, mais aussi la position assise et accroupie, et le retour en position debout.

 

 

 

*un mouvement de rotation permet de bien positionner le pied lors de la marche. Faites l'expérience : en position assise saisissez votre genou et tournez le pied vers l'extérieur, puis vers l'intérieur. Vous sentirez très bien que le tibia tourne sous le fémur. En effet l'articulation de la cheville ne permet pas cette rotation du pied et il faut donc que toute la jambe tourne pour réaliser ce mouvement, qui est essentiel pour éviter les obstacles et compenser les irrégularités lors de la marche. Sans compter la possibilité de donner de l'effet au ballon lors d'un shoot au football !

 

ce sont les ligaments croisés qui limitent ces actions et les ménisques qui les facilitent.

 

 

 

 *l'articulation du genou peut avoir dans le plan frontal une petite mobilité latérale : si la jambe part à l'extérieur l'articulation s'ouvre à l'intérieur. On dit qu'on effectue un mouvement en valgus. Le mouvement inverse est dit en varus. Ce sont les ligaments latéraux qui contrôlent cette mobilité : le ligament latéral interne limite le valgus. Le ligament latéral externe limite le varus. Ces mouvement sont de faible amplitude mais essentiels pour certaines actions ( pensez à la godille à ski, ou à la position « en tailleur ») ou pour atténuer certains chocs ou contraintes.

 

 

 

*Enfin un mouvement de glissement antéro-postérieur du tibia sous le fémur se produit à la marche. C'est la forme spiralée des condyles qui le permet. Ce mouvement étant limité par les ligaments croisés. Ce mouvement ne doit pas se produire sur un genou au repos. S'il existe on parle alors de tiroir antérieur ou postérieur et ceci traduit une rupture du ligament croisé correspondant.

 

 

 

 

 

Au total le fonctionnement du genou est un subtil équilibre entre l'instabilité qui permet la mobilité et le jeu d'éléments stabilisants qui maintiennent les structures .

 

 

 

Sans oublier que quand on dit : « le genou » on oublie que ce genou doit s'accorder avec le mouvement du genou de l'autre côté, et que le fonctionnement du genou ne peut se faire correctement que si les articulations sus – jacente (la hanche) ou sous- jacente (la cheville), mais aussi les articulations postérieures du pied (Chopart et Lisfranc) jouent pleinement leur rôle. Par exemple pour marcher correctement il faut que le bassin reste horizontal lorsqu'on est en appui sur un seul pied ! Toute dysfonction de ces autres articulations va retentir sur le genou et entraîner parfois des douleurs ou une usure prématurée. Et l'inverse est évidemment vrai.

Claude C.

 

LES GENOUX.....  1

Le genou

 

 Le genou est la plus grosse articulation du corps et elle est soumise à des contraintes mécaniques considérables , ce qui explique que les gens qui s'en servent beaucoup (au hasard, les marcheurs …) aient tendance à l'user prématurément.

 

 

Anatomie

 

 

Un peu d'anatomie aide à comprendre les pathologies et les traitements !!!

 

 

Le genou, c'est en fait deux articulations, dans une même enveloppe. Il y a l'articulation entre le fémur et le tibia, d'une part, et l'articulation entre le fémur et la rotule (ou patelle) d'autre part. Mais le tout est dans la même capsule articulaire , et dans la même enveloppe synoviale.

 

 

Dans cette enveloppe synoviale on trouve aussi deux formations cartilagineuses, les ménisques interne et externe, qui s'interposent entre fémur et tibia, et les ligaments croisés, antérieur et postérieur. De chaque côté de la capsule il y a les ligaments latéraux, externe et interne qui participent à la stabilité latérale. Les différents muscles qui assurent à la fois les mouvements et la stabilité de l'articulation sont en avant le quadriceps, dont le tendon englobe la rotule et est prolongé en bas par le tendon rotulien qui s'insère sur la tubérosité tibiale, et en arrière les muscles ischio-jambiers (semi-membraneux, semi-tendineux et biceps fémoral), les muscles de la patte d'oie ( sartorius – ex couturier, gracile – ex droit interne , et semi tendineux) et les jumeaux (muscles superficiels du mollet). Le quadriceps assure l'extension du genou, et les muscles postérieurs  la flexion du genou.

 

 

Le fémur : c'est l'os le plus long du corps. Il s'articule en haut sur le bassin par l'articulation de la hanche, et en bas sur le tibia et la rotule au niveau du genou. Il faut noter que l'écartement entre les deux hanches est bien plus grand que celui entre les deux genoux. Le fémur est donc oblique en dedans et en bas. C'est important à noter car c'est un facteur d'instabilité du genou et cela modifie la répartition des contraintes mécaniques.  Il y a tout de même une exception, le cow-boy ! Mais il ne se déplace bien qu'à cheval !

 

 

A l'extrémité inférieure du fémur se trouvent les surfaces articulaires qui participent à l'articulation du genou : la trochlée, zone cartilagineuse en forme de papillon aux ailes semi-déployées qui s'articule avec la rotule. Et les condyles, zones arrondies et recouvertes de cartilage, situées de part et d'autre de la cavité inter-condylienne et qui s'articulent avec le plateau tibial. A noter que , vus de profil les condyles ne sont pas exactement circulaires, mais en spirale, comme les coinceurs Camalot® qu'utilisent les grimpeurs. Cette forme permet de maintenir la tension des ligaments au cours des mouvements de flexion – extension du genou.

 

 

Le tibia est l'os qui relie le genou à la cheville. Vertical et étroit, il s'élargit à sa partie supérieure en un vaste plateau, sur lequel se trouvent deux surface cartilagineuses qui s'articulent avec les condyles fémoraux.

 

La rotule est un petit os , inséré dans le tendon du quadriceps et qui se prolonge en bas par le tendon rotulien qui s'insère sur la tubérosité tibiale antérieure. Sa face postérieure est cartilagineuse (c'est le cartilage le plus épais du corps) et s'articule avec la trochlée fémorale.

 

 

Les ménisques sont des cartilages plus ou moins mobiles dans l'articulation du genou, où ils s'interposent entre les condyles fémoraux et les surfaces articulaires tibiales. Le ménisque interne est en forme de C, et le ménisque externe est plus épais et presque fermé en forme de O (Pour s'en souvenir les étudiants en médecine associaient les ménisques au nom CitrOën!).

 

 

Dans l'intervalle entre les condyles et les plateaux tibiaux se croisent les ligaments « croisés ». Ceux ci se croisent entre eux, mais croisent aussi les ligaments latéraux externe et interne. Ces croisements favorisent la stabilité antéro-postérieure et latérale du genou, en limitant les torsions.

 

 

La capsule, doublée en interne par la membrane synoviale ferme l'articulation. Il n'y a qu'une seule capsule et une seule membrane synoviale pour les deux articulations fémoro-patellaire et fémoro-tibiale. La membrane synoviale sécrète la synovie, liquide visqueux dont la fonction est de favoriser le coulissement des surfaces articulaires, mais aussi de nourrir le cartilage, qui n'est pas vascularisé.

 

 

Tout autour du genou, il y a des « bourses », sortes de sacs remplis d'un liquide proche du liquide synovial, qui amortissent les contraintes et favorisent les glissements des tendons.

 

Claude C.